Historique

C’est au XVIe siècle, dans les quartiers de Kyoto, que la céramique Raku a fait son apparition. Si dans un premier temps, la production fut axée sur les bols à thé, elle se diversifia au fil des années Ce style est aujourd’hui largement utilisé pour la confection d’objets variés.

Ancêtre Chinois

Chôjirô Potier à Kyoto dans son atelier, sous les ordres du grand maître du thé Sen no Rikyû, il réalise une série de bols à thé en utilisant la technique Raku.

Le résultat … Des bols imparfaits, à l’aspect brut comme patiné par le temps, parfois rehaussés de reflets métallisés. Le raku-yaki serait en réalité une adaptation en deux couleurs (noir et rouge) de la technique Sancai, utilisée en Chine depuis la dynastie Tang (-618 -907). Elle aurait été rapportée au Japon par le père de Chôjirô. Si la céramique Sancai affiche trois couleurs (vert, marron, rouge), le type raku, lui, offre un objet d’une plus grande simplicité esthétique.

Cuissons et chocs thermiques

La particularité de la céramique Raku tient tout d’abord à sa confection. Le façonnage est entièrement réalisé à la main. Le mode de cuisson est également spécifique. Les bols sont retirés du four quand la température s’élève à 980°C, à l’aide de longues pinces. Ce premier choc thermique donne un aspect craquelé à la poterie. Encore brulante, elle est recouverte de végétaux ou de copeaux de bois jusqu’à ce que sa température descende jusqu’à 500°C environ.

La céramique Raku se distingue par son apparence irrégulière et parfois même austère. Cette simplicité dénuée de faste en fait un élément incontournable de la cérémonie du thé. 

Pour finir, le bol est plongé dans l’eau froide pour stopper la cuisson et fixer les couleurs. Cette succession de chocs thermiques donne son identité à la céramique raku, une poterie simple, irrégulière où chaque objet est unique car soumis aux moindres variations au cours de sa confection (météo, combustibles utilisés). C’est certainement la raison pour laquelle Sen no Rikyû fit de Chôjirô le premier producteur de bols raku, destinés à la cérémonie du thé.

De par son aspect, la céramique raku incarne toutes les subtilités des codes de la cérémonie du thé et par extension du wabi-sabi : un concept esthétique issu de la philosophie ZEN. Le terme wabi renvoie à la simplicité, la discrétion et l’élégance ; quant à celui de sabi, il évoque la nature, l’aspect brut des choses, l’effet du temps qui passe, l’imperfection. Ainsi, le wabi-sabi illustre une « beauté » sensible pouvant émouvoir celui qui écoute, regarde, touche. Choisir sa céramique raku relève alors de l’expérience personnelle : l’observation et la prise en main de l’objet guideront votre choix.  

Un musée de Kyoto au Japon est consacré au  Raku Ware, situé à coté de la maison et de l’atelier de la famille Raku. Vous pourrez alors découvrir les pièces les plus représentatives de cette génération de célèbres potiers et les ustensiles liés à la cérémonie du thé.